logo eco-rps

Contact

S'identifier

Les métiers de la psychiatrie et risques psychosociaux

Métier & RPS

Infirmiers en psychiatrie

puce
Présentation générale Activités et tâches Les facteurs d’exposition aux risques Bibliographie

Le métier d’infirmier exerçant en psychiatrie se caractérise par une multiplicité d’activités et de tâches d’ordre différents mais complémentaires. Lorsqu’on cherche à appréhender le métier d’infirmier exerçant dans un secteur psychiatrique, il convient de comprendre la distinction entre « to cure », qui signifie « traiter la maladie » et « to care », « prendre soin ». Le rôle de l’infirmier est de prédisposer au mieux le patient entre le care et le cure.

Un infirmier exerçant en secteur psychiatrique alterne ces deux approches. Tantôt il sera dans un rôle prescrit (par le médecin) tantôt dans son rôle propre. La relation d’aide (définie notamment par Carl Rogers) s’articule autour des actions de soins programmés (comme l’entretien, les traitements…) et non programmés (comme l’appui sur le quotidien, l’accompagnement, etc.). La personne est prise en compte dans sa globalité.
L’activité d’infirmier exerçant en secteur psychiatrique se situe donc au carrefour de plusieurs registres complémentaires : dans le relationnel à la fois verbal et non verbal, elle s’appuie sur des logiques et des référencements médicaux, psychologiques, psychiatriques, et de soins infirmiers, et rassemble des approches soignantes, sociales, éducatives, etc.

Les approches de l’infirmier ont pour objet de contribuer à générer de la sécurité interne pour la personne. L’objectif est de créer un climat de confiance qui sera favorisé par de multiples intentions soignantes. La question du climat favorise la relation d’aide qui est favorable à un parcours de soin, et travaille favorablement à la disposition des patients aux soins. Il s’agit là du cœur de métier de l’infirmier en psychiatrie. Les modalités concrètes de mise en place de ce « climat » sont un enjeu majeur pour ces personnels.

L’infirmier accueille et oriente la personne dans les dispositifs de soins, la renseigne sur les lieux et son environnement ; il l’informe et identifie les besoins du patient. Le recueil de données recouvre les points suivants : les informations d’ordre administratif, la présentation de la personne (discours, comportement…), les symptômes, l’histoire de la maladie, les éléments biographiques, un premier abord du dégagement de la problématique psychique et un repérage des modalités d’habiter la relation (évitement, etc.).

Afin d’accueillir et de comprendre les troubles du patient, l’infirmier de secteur psychiatrique propose :

  • Etre disponible : Il s’agit de la disponibilité dans la relation à l’autre, le temps à consacrer et l’ouverture intellectuelle. L’infirmier doit prendre en compte l’individualité de la personne dans son contexte familial, social, professionnel et culturel, sans influencer son discours. Cette dimension est essentielle.
  • Etre à l’écoute : de manière informelle ou formalisée. L’écoute informelle concerne davantage la prise en compte, dans le quotidien, des besoins et des demandes du patient. L’écoute formelle se décline sur deux modes : l’entretien infirmier, et l’entretien en binôme avec le médecin ou un autre infirmier qui est un outil de soins permettant d’évaluer l’état clinique du patient. L’entretien infirmier permet de poser une espace d’écoute, d’entrer en relation avec la personne, de répondre à ses questions, de recueillir des informations et de les transmettre au corps médical afin de concourir au diagnostic médical et d’établir le plan de soins.
  • Observer : cela nécessite de solides connaissances théoriques de la sémiologie psychiatrique et des pathologies correspondantes. Toutes les informations sont importantes et sont à prendre en compte afin de réajuster les soins. Les observations ne se limitent pas à ce qui est listé dans le décret 2002-194 du 11 février 2002 relatif aux actes professionnels et à l’exercice de la profession d’infirmier, mais prennent en compte également le comportement du patient, la manifestation de ses thèmes délirants (leur forme d’expression, leur amplification, régression ou stabilisation…), l’indication de la thymie (dans les troubles bipolaires par exemple), la capacité à construire du lien ou au contraire à se replier…

Afin de résoudre les problèmes, l’infirmier de secteur psychiatrique propose :

  • Analyser la situation en se basant sur la connaissance théorique des différentes situations cliniques rencontrées et en collaboration avec les différents intervenants afin d’élaborer un projet de soins. L’objet du projet de soins n’est pas tant la guérison que la mise en place d’actions permettant au sujet d’éviter la souffrance, d’être acteur de ses soins et d’accéder à un équilibre lui assurant un confort de vie et une meilleure réinsertion dans un milieu social.
  • Accompagner le patient. Cela peut intervenir dans trois types de situation :
    • Le temps unique : c’est un temps que l’on trouve chez certains patients présentant un épisode aigu. Le patient peut ne connaître l’hospitalisation qu’une fois dans sa vie. Là, les actions de soins seront faites d’écoute, d’observation mais aussi de protection et de surveillance du traitement prescrit.
    • Le temps séquentiel, où le sujet a recours aux soins par des séjours plus ou moins longs basé sur l’aller-retour entre le centre hospitalier et le docmicile. L’infirmier accompagne le patient dans la reconstruction épisodique de son histoire.
    • Le temps a-séquentiel est le temps d’accompagnement de la chronicité des patients dont la maladie est tellement invalidante qu’il y a nécessité d’accompagnement constant. Là, le travail infirmier peut se baser sur des notions essentielles telles que la permanence, la référence, la place et fonction de chacun. Mais il convient de noter qu’au-delà des actes infirmiers la question du positionnement des soignants est centrale. Il ne s’agit pas simplement de « faire » ou « ne pas faire ». La subtilité réside dans le fait de « pouvoir » ou « ne pas pouvoir », ce qui ramène à une question de posture professionnelle. L’acte de soin en lui-même ne caractérise pas les infirmiers en psychiatrie, notamment . C’est l’évaluation de la situation et la posture de l’infirmier vis-à-vis du patient qui marque ses spécificités.

Au travers de ces notions se pose la question essentielle de la compétence des infirmiers de secteurs psychiatriques. Il apparaît (mais cela sera développé dans la partie formation) que le Diplôme d’Etat unique questionne l’acquisition des compétences spécifiques pour les infirmiers de secteur psychiatrique, notamment .

Echelle Eco-RPS®
Nouveaux Territoires 2014 ©